Fin du monopole bancaire : quelle nouvelles formes de financement ?

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La Place, le hub fintech installé au Palais Brongniart, recevait jeudi 10 janvier trois acteurs du financement pour évoquer lors d’une table ronde la fin du monopole bancaire et les nouveaux modes de financement : Xavier Corman, co-fondateur d’Edebex (société spécialisée dans l’affacturage), Sébastien Astre, directeur des partenariats chez October (plate-forme de prêts aux entreprises) et Pierre-Eloi Acar, directeur général de Arkéa Lending Services (ALS) qui met en relation emprunteurs et prêteurs qualifiés du début à la fin du processus.



De plus en plus de solutions de financement se développent en marge du secteur bancaire traditionnel pour répondre aux nouveaux besoins de ce secteur. Comme le résume Sébastien Astre, leur ambition et leur objectif est d’aller « là où les banques traditionnelles n’allaient plus ». Des alternatives émergent donc, mais Pierre-Eloi Acar l’affirme : « La fin du monopole bancaire ne signifie pas la fin des banques. » Edebex, October, comme ALS proposent ainsi des services complémentaires de ceux offerts par les acteurs traditionnels du secteur.

Ce que proposent avant tout ces fintech, ce sont des modes de fonctionnement bien ancrés dans l’innovation : si la relation client reste importante, même à distance, les différentes démarches sont dématérialisées et les processus, basés en partie sur l’intelligence artificielle et la data, bien plus rapides. « Il est important de toujours garder un temps d’avance, confirme Sébastien Astre. Il nous faut être proactifs et au courant des usages de nos clients pour anticiper leurs demandes. »



Principales difficultés pour ces acteurs des nouveaux modes de financement : s’adapter aux contraintes légales de chaque pays où ils désirent s’implanter en Europe et composer avec les nombreux freins de la réglementation qui rendent parfois la création d’une start-up compliquée. « On ne rentre pas forcément dans les cases », constate Pierre-Eloi Acar qui espère plus de flexibilité à l’avenir. Il estime également qu’il est sans doute temps de passer « d’une course à l’innovation à une course à l’optimisation. On peut faire beaucoup mieux ce qu’on fait aujourd’hui grâce aux innovations développées entre 2000 et 2010 », détaille-t-il en prenant l’exemple de la signature électronique encore trop peu répandue. Un autre enjeu de taille, selon Sébastien Astre, est de faire comprendre aux chefs d’entreprises qu’ils peuvent emprunter sans passer par leur banque. Une démarche pas toujours évidente mais qui devrait rapidement se développer dans ce secteur en pleine croissance.