Objectif zéro carbone : transformer la ville en profondeur

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Dans son dernier rapport, le GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le seuil d’une hausse de 1,5°C des températures globales pourrait être dépassé dès 2030 si rien n’est fait pour réduire l’empreinte carbone des activités humaines.

Le bâtiment est l’un des secteurs les plus émissifs en gaz à effet de serre. Il est donc urgent d’agir à tous les niveaux, de la conception à la réalisation des ouvrages, pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. D’ici 2030, les nouvelles constructions devront présenter une empreinte carbone nulle, selon l’engagement pris par les grandes métropoles mondiales membres du C40 Cities.

Pour débattre de ces enjeux, Leonard, le laboratoire ouvert du futur des villes et des infrastructures, invitait mardi 4 décembre quatre acteurs du secteur. Parmi eux, Bruno Peuportier, chercheur à Mines Paris Tech, et Mathieu Tamaillon, directeur général de Sinteo, société d’ingénierie et de conseil spécialisée dans la performance énergétique et environnementale des bâtiments. Ils ont rapidement dressé un constat sans appel : il ne suffira pas de se concentrer sur les nouvelles constructions pour régler le problème ; la rénovation des bâtiments existants, dont certains émettent jusqu’à trois tonnes de carbone par mètre carré et par an, doit également être une priorité.



Tout le monde est concerné. Chacun doit faire un effort pour optimiser la consommation d’énergie d’un bâtiment, en réduisant par exemple la pointe d’énergie, ce moment où la consommation est maximale et le réseau extrêmement sollicité. Cela passe évidemment par certains changements d’habitude des consommateurs. De leur côté, les principaux acteurs du secteur doivent également comprendre que l’ère de l’abondance est terminée et que les déchets du bâtiment (quarante millions de tonnes par an) ont de la valeur et doivent être réemployés, et non plus totalement détruits.

Lucie Rémir, de VINCI Construction France, a présenté de son côté l’Expérimentation E+C- (pour « Energie positive et réduction carbone »), lancée afin de préparer la future réglementation thermique environnementale de la construction neuve (RT 2020). Cette expérimentation vise notamment à vérifier la faisabilité des projets en matière d’impact carbone pour rester dans le cadre des exigences qui seront renforcées par rapport à la RT 2012 actuellement en vigueur.

Enfin, Raphaëlle Vert, du démonstrateur industriel pour la ville durable Rêve de scènes urbaines, a évoqué quelques projets en développement qui ont trait directement au secteur du bâtiment : la dalle en béton GreenFloor conçue par VINCI Energies qui stocke fraîcheur et chaleur l’été et l’hiver pour d’importantes économies d’énergie, et l’enveloppe intelligente d’ECOxIA, qui garantit la performance énergétique de l’enveloppe des bâtiments en proposant une structure en bois conçue pour maximiser les apports solaires en hiver et s’en protéger en été tout en étant connectée.

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