Agriculture urbaine, quand Paris se met au vert

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Il n’y a pas si longtemps, juste avant la Seconde Guerre mondiale, Paris abritait encore en son sein de nombreuses activités maraîchères. Chassée par le béton au siècle passé, l’agriculture urbaine fait
progressivement son retour dans la capitale. Et si Paris ne retrouvera jamais les 600 hectares de cultures maraîchères qu’elle comptait au XIXe siècle, les initiatives se multiplient pour insuffler de nouveau un peu d’oxygène intra-muros, favoriser la biodiversité et renouer avec le commerce de proximité.



C’est autour de cette thématique passionnante que Leonard, le laboratoire ouvert du futur des villes et des infrastructures de Vinci, accueillait lundi 12 novembre cinq acteurs de ce renouveau : Paola Mugnier, consultante biodiversité et agriculture urbaine chez Urbalia, Jean-Noël Gertz, fondateur de la Caverne et de Cycloponics, Jacques-Olivier Bled, chef de projet méthodes et prospective en agriculture urbaine et végétalisation du bâti pour la Mairie de Paris, Joséphine Ceccaldi, chief marketing officer chez Agricool, et Thomas Haden, ingénieur de recherche en agriculture urbaine à AgroParisTech.

Tous s’accordent sur un point : à Paris, l’agriculture urbaine doit « coloniser tous les interstices de la ville », selon les mots de Paola Mugnier. La capitale française, qui vise à terme les 5% d’autosuffisance alimentaire et possède selon Jacques-Olivier Bled un potentiel de 400 hectares de toits végétalisés, accueille déjà des initiatives qui portent leurs fruits. Ainsi, la Caverne, ferme urbaine installée dans un ancien parking souterrain porte de La Chapelle, a fait le pari de l’agriculture biologique avec des produits « ombrophiles » tels que les champignons (champignons de Paris, shiitakes, pleurotes), les endives et les micropousses. Ultra frais, les produits sont livrés le jour même à vélo, l’objectif circuit court est atteint et la Caverne crée également du lien social et des emplois dans son quartier d’implantation.



Retour sur les toits de Paris avec Thomas Haden, venu présenter les tests de AgroParisTech qui s’est penché depuis 2012 sur la faisabilité de l’agriculture urbaine en toitures. Des tests concluants puisque la production dans des bacs renfermant biodéchets, résidus de bois ou de briques et de pierres est équivalente à celle d’un maraîcher en pleine terre et que les produits récoltés sont tout à fait sains. Thomas Haden avance ainsi le chiffre de 8 à 10 kilos de tomates ou de salades récoltées par mètre carré.

Autre projet concluant et encourageant pour le renouveau de l’agriculture urbaine, Agricool et sa culture de fraises en containers lancée en 2015 par Gonzague et Guillaume, tous deux fils d’agriculteurs déçus du goût des fruits et légumes parisiens. La production se fait hors-sol, en aéroponie, sous éclairage artificiel (led sur mesure créée pour l'occasion), dans un environnement fermé et protégé. Récoltées le matin, les fraises sont vendues dans la journée. Grâce à ce procédé, Joséphine Ceccaldi affirme qu’Agricool connaît « quatre à cinq printemps par an », pour une productivité 120 fois plus importante qu’en agriculture pleine terre. Avec déjà six containers en activité, Agricool ne cesse de grandir et entend, à terme, produire différents fruits et légumes pour développer et alimenter un peu plus encore ses ventes de proximité.



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