A la Fabrique de la Cité, mobilités douces et urbanisme au programme d’une rencontre avec Laurent Vigneau

Think tank dédié à la prospective et aux innovations urbaines créé par Vinci en 2010, la Fabrique de la Cité invitait mercredi 26 septembre, dans les locaux de Leonard à Paris, Laurent Vigneau, directeur du département mobilité et développement territorial chez Artelia Ville & Transport. Au programme de cette rencontre autour des problématiques liées aux mobilités et à l’urbanisme, un exposé comparatif sur deux villes championnes des mobilités douces : d’un côté Paris, adepte de la marche, de l’autre Amsterdam, championne du vélo.

Premier constat : Paris a beau être la ville des piétons, elle rêve de devenir cycliste ! Elle regarde pour ça du côté des Pays-Bas où la petite reine… est reine à Amsterdam. Sauf que les problématiques ne sont pas les mêmes. Chiffres à l’appui, Laurent Vigneau démontre que Paris, avec ses 220 habitants par hectare, est une ville six fois plus dense qu’Amsterdam (38 habitants par hectare). Elle est également plus « intense » : comprendre par là que Paris intra-muros offre beaucoup plus d’emplois et de services qu’Amsterdam. Les Parisiens, désireux de limiter leur temps de déplacement au quotidien, ont donc tendance à vivre à distance raisonnable de leur lieu de travail et s’y rendent ainsi à pied. A Amsterdam, ville plus étalée, les déplacements à vélo s’imposent d’eux-mêmes.



Selon Laurent Vigneau, Paris et son urbanisme sont particulièrement adaptés aux piétons ; la capitale française ne doit donc pas être obnubilée par le vélo. La moitié des déplacements des Parisiens font moins d’un kilomètre : de fait, prendre un vélo n’est pas une évidence dans la Ville Lumière. Les seules zones en Ile-de-France où l’usage du vélo pourrait se développer davantage sont situées entre la première et la seconde couronne, car la densité y est moindre.

Les échanges avec le public présent à Leonard ont aussi permis de dégager d’autres axes de réflexion autour des mobilités douces et de l’urbanisme. Une évidence tout d’abord : le vélo ne doit pas empiéter sur l’espace piéton. Un défi pour les ingénieurs, car insérer une piste cyclable en ville est un véritable casse-tête. Faut-il également s’inspirer des exemples de nos voisins ? A Barcelone, les vélos n’auront bientôt plus le droit de circuler sur les trottoirs de moins de cinq mètres de large. Enfin, l’organisation des Jeux Olympiques 2024 doit inviter les responsables à faire de Paris une ville encore plus piétonne. Les JO attireront en effet énormément du monde dans une ville qui a d’ores et déjà battu son record de fréquentation touristique au premier semestre 2018.

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